Stage de clown avec fenêtre sur le conte

Cette formation propose à travers l’art du clown d’aborder des thèmes chers à tous. Le monde intérieur, les émotions, la mémoire, l’imaginaire, la relation avec le public.

Quand nous sommes à la recherche de notre clown, nous sommes à la recherche d’un être logé au fond de nous. Cet être est dans l’immédiateté de l’instant, donc dans l’immédiateté de la relation. Il est aussi directement relié à ses sens donc relié à sa vérité. Il l’accepte telle quelle est, sans jugement. Le nez rouge (le plus petit masque au monde) permet tout en se sentant un autre de libérer ce qu’il y a de plus vrai en nous. Faire cette expérience est libératoire.

La relation directe que le clown a avec le public (sans ce public il n’existe pas) permet au conteur d’apprivoiser cette relation sans frayeur. L’idée est de partager un moment ludique et profond avec lui.

Après une petite explication sur certains codes liés à l’art du clown, nous expérimentons tout de suite les exercices proposés.

Se relier à son corps, regarder les choses autour de soi comme si on les voyait pour la première fois, découvrir quels états nous habitent, laisser parler son imaginaire à partir d’un objet (une chaise ou objet amené par exemple). Donner voix à nos images intérieures en les décrivant comme un paysage. Nous travaillerons aussi sur les états du clown liés aux quatre éléments. Comment les images du feu, de la terre, de l’eau et de l’air alimentent nos états intérieurs. Je propose aussi un travail à deux qui permet de sentir les mouvements de l’autre tout en restant concentrer sur ce que l’on ressent soi-même. Nous expérimentons la rencontre de deux clowns. Ces rencontres permettent de poser un regard neuf sur l’autre loin des stéréotypes que nous connaissons

Le clown vit une double histoire : celle de son monde intérieur et la rencontre avec les autres. Le but est de rester dans son monde tout en se reliant au public.

La symbolique qui foisonne dans les contes est celle-là même qui passionne le clown : Quel est mon chemin ? Que se passe t’il en moi ? Combien d’épreuves ? Peur d’être dévoré par l’autre, ou par sa propre ombre. Joie de  la gourmandise, joie de jouer une ogresse et de trouver son vocabulaire, sa langue poétique. Joie de la découverte de nouveaux chemins.

Tous les thèmes symboliques des contes peuvent être abordé en clown. Ce qui nous intéresse ici, c’est que le clown traverse la symbolique, l’incarne même. Il endosse les archétypes avec joie et il est totalement libéré du qu’en-dira-t-on, ce qui nous ouvre des perspectives. De plus il est traversé par ses sensations et c’est cela qui nous permet de réinterroger la symbolique de manière poétique et personnelle.

Le clown se trouve bien souvent dans des situations qui l’amènent à rencontrer un symbole fort : son rapport au temps, son rapport à l’espace, aux autres, au corps, à la vie, à la mort.

Nous abordons aussi en clown les objets des contes traditionnels en prenant le temps de voir ce qu’ils vivent eux aussi de symbolique dans le parcours de l’histoire. Cela permet aussi de raconter depuis des points de vue différents.

Expérimenter le clown permet d’agrandir sa présence à soi-même, aux autres, à l’histoire que nous racontons, au monde qui nous entoure.